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PER du dirigeant : quel plafond de déduction en 2026 ?

Le plafond de déduction du PER dépend de vos revenus professionnels de l'année précédente. Calcul, plancher, report sur trois ans, mutualisation conjoint.

Victor Rochman, ingénieur patrimonial

Victor Rochman

Ingénieur patrimonial, APR Patrimoine


Le plan d’épargne retraite est l’un des rares dispositifs qui permette encore de réduire son impôt sur le revenu sans contrepartie de risque ni engagement dans un montage complexe. Pour un dirigeant, il présente un avantage supplémentaire, moins connu : le plafond de déduction se construit à partir de la rémunération que vous vous versez. Autrement dit, la façon dont vous vous rémunérez détermine, l’année suivante, ce que vous pourrez déduire.

C’est une raison de plus de ne pas trancher l’arbitrage entre salaire et dividendes à la seule lumière du net immédiat.

Comment se calcule votre plafond

L’article 163 quatervicies du CGI fixe une enveloppe annuelle par membre du foyer fiscal. Elle est égale au plus élevé des deux montants suivants :

  • 10 % de vos revenus professionnels de l’année précédente, ces revenus étant retenus dans la limite de huit fois le plafond annuel de la sécurité sociale. Pour des versements effectués en 2026, cela porte la déduction maximale à 37 680 € ;
  • ou 10 % du plafond annuel de la sécurité sociale de l’année précédente, soit 4 710 € pour des versements effectués en 2026.

Le second montant constitue un plancher : il vous reste acquis même si vous n’avez déclaré aucun revenu professionnel.

Les revenus professionnels retenus sont les revenus imposables nets de frais. Les plus-values et moins-values professionnelles à long terme n’entrent pas dans ce calcul.

Le point qui change tout pour un dirigeant

Les dividendes ne sont pas des revenus professionnels. Ils ne construisent donc aucun plafond de déduction.

Un dirigeant qui se verse 90 000 € de salaire dispose l’année suivante d’une enveloppe de 9 000 €. Le même dirigeant, qui aurait tout sorti en dividendes, retombe sur le plancher de 4 710 €. À une tranche marginale de 41 %, l’écart d’économie d’impôt est de 1 759 € par an, et il se reproduit chaque année.

Ce n’est pas l’argument décisif de l’arbitrage, mais c’est un de ceux qu’on oublie systématiquement quand on ne regarde que le net immédiat. Nous le chiffrons systématiquement dans nos missions d’optimisation de la rémunération du dirigeant.

Ce que le versement vous fait réellement économiser

L’économie d’impôt est égale au montant versé multiplié par votre tranche marginale d’imposition. C’est mécanique, et c’est ce qui rend le PER d’autant plus efficace que vous êtes lourdement imposé.

VersementTMI 30 %TMI 41 %TMI 45 %
5 000 €1 500 €2 050 €2 250 €
10 000 €3 000 €4 100 €4 500 €
20 000 €6 000 €8 200 €9 000 €
37 680 €11 304 €15 449 €16 956 €

Attention à la lecture de ce tableau : un versement important peut vous faire changer de tranche en cours de route, auquel cas l’économie réelle se situe entre deux lignes. Le calcul exact suppose de reprendre votre barème, ce que fait notre simulateur d’impôt sur le revenu.

Deux mécanismes que presque personne n’utilise

Le report sur trois ans. Les versements d’une année s’imputent d’abord sur le plafond de l’année en cours, puis sur les soldes non utilisés des trois années précédentes, en commençant par le plus ancien. Un dirigeant qui n’a rien versé depuis trois ans dispose donc d’une capacité de déduction cumulée bien supérieure à son plafond annuel. C’est particulièrement utile l’année d’une prime exceptionnelle ou d’un exercice inhabituellement bon.

La mutualisation avec le conjoint. Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent déduire leurs versements dans la limite du total de leurs deux plafonds. Si votre conjoint dispose d’un plafond qu’il n’utilise pas, vous pouvez y loger la fraction de vos versements qui excède le vôtre. Dans un couple où un seul membre porte l’essentiel des revenus, ce mécanisme double presque la capacité de déduction du foyer.

Ce que la déduction coûte à la sortie

Il faut le dire clairement : le PER n’efface pas l’impôt, il le décale. En contrepartie de la déduction à l’entrée, les prestations servies à la retraite, en rente comme en capital, sont imposables comme des pensions.

L’opération n’est réellement gagnante que si votre tranche marginale à la sortie est inférieure à celle de l’entrée. C’est le cas de la plupart des dirigeants, dont les revenus baissent au moment du départ, mais ce n’est pas une règle universelle : un dirigeant qui perçoit des revenus fonciers importants ou qui a cédé son entreprise peut se retrouver aussi imposé qu’avant.

À cela s’ajoute la contrainte de blocage : les sommes sont indisponibles jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé, dont l’acquisition de la résidence principale.

Notre lecture

Le PER n’est pas une niche fiscale : c’est un outil de trésorerie fiscale à long terme, dont la rentabilité dépend d’un écart de tranche entre deux moments de votre vie. Il se calibre, il ne se souscrit pas au forfait.

Trois questions déterminent le montant à verser : quelle sera votre tranche marginale à la sortie, quel est votre besoin de liquidité d’ici là, et quel plafond avez-vous laissé dormir ces trois dernières années. Un bilan patrimonial permet de répondre aux trois avant d’engager le moindre euro.


Montants applicables aux versements effectués en 2026, vérifiés au Mémento fiscal 2026 (CGI art. 163 quatervicies, CGI ann. III art. 41 ZZ ter). Ces éléments sont donnés à titre d’information générale et ne constituent pas un conseil personnalisé.