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La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) précisée par le BOFIP

Découvrez le fonctionnement de la CDHR, le nouvel impôt sur les hauts revenus : seuils d'imposition, taux minimal et premier bilan financier de 2025.

Victor Rochman, ingénieur patrimonial

Victor Rochman

Ingénieur patrimonial, APR Patrimoine


Instaurée en 2025 pour s’assurer que les foyers les plus aisés s’acquittent d’une imposition minimale, la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) vient de faire l’objet de commentaires détaillés dans la mise à jour du Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFIP) du 30 juin 2026.

Voici les principes de fonctionnement de cette contribution additionnelle et le bilan de sa première année d’application.

1. Qui est concerné par la CDHR ?

Codifiée à l’article 224 du Code Général des Impôts (CGI), cette surtaxe s’adresse exclusivement aux contribuables fiscalement domiciliés en France.

Elle cible les foyers fiscaux dont le revenu de référence dépasse certains seuils très élevés :

  • 250 000 € pour une personne seule.
  • 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune.

Le déclenchement de la CDHR dépend de votre taux moyen d’imposition. Si la somme de vos impôts (Impôt sur le Revenu, Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus et prélèvements libératoires) représente moins de 20 % de vos revenus, le dispositif s’active.

La mécanique est simple : l’administration compare l’impôt effectivement payé à ce plancher minimal de 20 %. La différence entre les deux montants constitue la CDHR due. Le paiement s’effectue en deux temps : un acompte de 95 % prélevé en décembre, puis la régularisation du solde lors de la liquidation annuelle de l’impôt.

2. Un impôt temporaire… sous condition de déficit public

Lors de sa création par la loi de finances pour 2025, la CDHR avait été annoncée comme une mesure temporaire. La loi de finances pour 2026 a prorogé et ajusté ce dispositif, confirmant son lien direct avec le redressement des comptes de la Nation.

Le BOFIP précise que la contribution restera en vigueur jusqu’à l’imposition de l’année au cours de laquelle le projet de loi de règlement des comptes constatera un déficit du budget de l’État inférieur à 3 % du PIB.

3. Un premier bilan décevant en termes de recettes

Si l’objectif politique de la CDHR était fort, son rendement financier s’avère en deçà des espérances. Alors que le gouvernement tablait sur 1,9 milliard d’euros de recettes lors de la création de la loi, le dispositif n’a généré que 0,4 milliard d’euros en 2025.

Ce manque à gagner s’explique par plusieurs facteurs, tels que l’entrée en vigueur tardive du mécanisme et son inertie déclarative. Surtout, les comportements d’optimisation fiscale ont joué à plein : de nombreux dirigeants et actionnaires ont tout simplement reporté la distribution de leurs dividendes pour ne pas s’exposer immédiatement à cet impôt. Tirant les leçons de ce premier exercice, la loi de finances pour 2026 a révisé ses attentes à la baisse, anticipant désormais un produit de 650 millions d’euros.