Résidences secondaires : le fisc a désormais 3 ans pour contrôler votre taxe d'habitation
La loi anti-fraude allonge le délai de prescription fiscale pour la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et logements vacants à 3 ans.
Ingénieur patrimonial, APR Patrimoine
L’administration fiscale ne dispose pas d’un pouvoir illimité dans le temps pour contrôler et redresser les contribuables. Ce “droit de reprise” est encadré par des délais de prescription légaux. Pour les propriétaires de résidences secondaires, ce délai vient d’être considérablement allongé.
1. Ce qui change avec la loi anti-fraude
L’article 105 de la récente loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales vient durcir les règles du jeu pour la fiscalité locale.
Jusqu’à présent, le délai de prescription pour la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (et pour la taxe sur les logements vacants) était particulièrement court. L’administration ne pouvait agir que jusqu’au 31 décembre de l’année suivant celle de l’imposition.
Désormais, le fisc bénéficie de deux années supplémentaires pour effectuer ses vérifications et émettre des redressements. Le délai de contrôle est donc porté à 3 ans.
2. Un exemple concret d’application
Pour bien comprendre l’impact de ce changement de calendrier (qui modifie l’article 1416 du Code Général des Impôts), voici un exemple pratique :
- Avant la loi : Pour une taxe d’habitation due au titre de l’année 2025, le Trésor Public ne pouvait vous réclamer un impayé ou une erreur que jusqu’au 31 décembre 2026.
- Aujourd’hui : Pour cette même taxe due en 2025, l’administration fiscale aura désormais la possibilité de vous contrôler et de vous adresser une réclamation jusqu’au 31 décembre 2028.
À retenir : Si la taxe d’habitation a bien été supprimée pour les résidences principales, elle reste pleinement due (selon l’article 1407 du CGI) pour tous les locaux meublés affectés à l’habitation qui ne sont pas votre résidence principale. Les propriétaires doivent donc faire preuve d’une grande vigilance déclarative (via l’outil “Gérer mes biens immobiliers”) car les erreurs pourront les rattraper plus longtemps.